Venez célébrez L'ADORATION DU SAINT-SACREMENT du lundi au jeudi de 17h à 18h, le vendredi de 17h à 18h45 et le samedi de 16h45 à 17h40 ...
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Homélies du Père LABA

Homélie du 12 Août 2018 : 19ème Dimanche Ordinaire B

 

Frères et sœurs,

"En ces jours-là, le prophète Élie, fuyant l'hostilité de la reine Jézabel, marcha toute une journée dans le désert." Ainsi débute la première lecture de cette célébration. Que s'était-il donc passé pour que l'homme de Dieu en vienne à s'exiler ? Avant d'aller plus loin, plantons le décor.

Qu'il était difficile d'être prophète en Israël ! Choisis par Dieu pour parler et agir en son nom, les prophètes étaient envoyés vers un peuple dont ils ont découvert la "nuque raide" selon leur propre expression. C'est ainsi que Moïse, que le livre du Deutéronome appelle "le plus grand prophète" a payé au prix fort son exaspération : lassé d'un peuple qui, durant toute la traversée du désert, se complaisait à récriminer contre le Seigneur, il a fini par aller lui-même outre l'ordre divin, se fermant ainsi l'accès à la terre promise dont il avait toute la vie été le héraut. Avant cela, il avait souffert la furie de Pharaon, peu enclin à le laisser partir avec les esclaves israélites ! Le peuple n'était donc pas le seul difficile, les rois l'étaient tout autant, voire davantage !

Après l'installation sur la terre de la promesse, le prophétisme était devenu un contrepoids à l'absolutisme royal. Défendre le culte qui plaît à Dieu, tel était l'enjeu. On aurait volontiers qualifié aujourd'hui les prophètes d'opposants. C'est ainsi que le prophète Élie en est arrivé à fermer le ciel durant de nombreuses semaines, empêchant la pluie de tomber, pour bien signifier au peuple et à son roi qu'ils s'écartaient de la loi du Seigneur. Il ne s'arrêtera pas là. Il défiera les prêtres de Baal, divinité dont le culte répandu dans les tribus voisines, commençait sérieusement à concurrencer le culte de Yahvé. Après leur avoir démontré la Toute Puissance de son Dieu et la vanité du leur, Élie, dans son ardeur jalouse, les poursuivra jusqu'à la mort.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'exaspération des autorités royales, et celle de la reine Jézabel en particulier, informée par le roi Akhab, son mari, et décidée à en finir avec cet individu devenu franchement gênant. Élie s'enfuit donc, et c'est le passage qui nous est proposé à méditer aujourd'hui. Au fond de lui-même, il est fatigué. Dans le fond, à quoi sert tout  cela ? doit-il se dire. Faire de tout son mieux, et ne récolter que rejet et persécution ? Alors nous dit le texte, il "demanda la mort" en disant : "Maintenant Seigneur c'en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes Pères". Il devait avoir à l'esprit le sort réservé à tous les prophètes depuis Moïse !

Avouons pour notre part, que la même fatigue nous guette souvent ! Qui n'en a jamais eu marre à un certain moment, dans son métier, dans l'accomplissement de ses tâches naturelles voire dans ses relations ? Qui n'a jamais eu le sentiment d'être incompris, persécuté alors qu'il voulait juste bien faire ! Alors on a envie de tout lâcher, ne serait-ce qu'un moment. Pour certains, la pression et le fardeau sont si lourds que c'est la vie elle-même qu'ils veulent   quitter ! Le fait est si prépondérant que nous programmons à l'avance des échappées, des vacances, tellement la tâche promet d'être ardue !

À nous tous donc, que guette le découragement, nous tous qui avons l'impression de survivre ou de vivoter, l'ange du Seigneur adresse aujourd'hui le même appel qu'à Elie : Ne te laisse pas tomber comme un fardeau, lève-toi et mange, car la route est longue encore. Ah non, certainement pas, serions-nous tentés de répondre ! Car nous sommes vraiment fatigués, non pas seulement d'une fatigue physique, mais intérieure. Quelle route reprendre encore quand on est dégoûté de tout, temporairement ou définitivement ? Spontanément, nous nous recouchons, comme Élie. Et de nouveau, l'ange du Seigneur nous réveille. Puisque notre histoire est si semblable à celle d'Elie, osons regarder de son côté pour découvrir à quelle destinée nous sommes conviés.

Elie se leva, reprit des forces, et marcha jusqu'à l'Horeb, la montagne du Seigneur. Et nous savons que le Seigneur s'y découvrira à lui sous la forme d'une brise légère, hors du fracas du tremblement de terre et du vent fort qui fracassait les rochers. Élie avait profondément besoin de paix, il la trouve dans la rencontre avec Yahvé. Dès lors, il repartira poursuivre sa mission, avec une ardeur nouvelle. N'est-ce pas cela que reprend, comme en écho, le Psaume responsorial de la liturgie de ce jour ? "Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses !"

Le premier dimanche qui suivit son accession à la charge papale, Benoît XVI déclarait dans son homélie : "Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie." Voilà l'essentiel de l'épisode d'Elie, et que Saint Augustin réaffirmera à sa façon : "Tu nous as faits pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi". Le Pape Benoît XVI continue : "Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce qu'est la vie". Voilà le message de l'évangile d'aujourd'hui lui aussi résumé. La paix que nous désirons si ardemment nous est apportée par Jésus, lui qui nous révèle et nous apporte la paix de Dieu en se chargeant de nos fardeaux. Aujourd'hui encore, il appelle tous ceux qui peinent à venir à lui.

Avouons tout de même que nous aurions bien moins besoin de vacances si notre vie était moins stressante, moins tourbillonnante, et plus remplie d'amour !  Saint Paul affirme que ce monde dont nous rêvons ne tombera pas du ciel : il sera l'œuvre de notre effort commun et solidaire. "Faites disparaître de votre vie l'amertume, l'irritation, les éclats de voix ou les insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres...Vivez dans l'amour, comme le Christ nous a aimés et s'est livré pour nous..." Tout un programme de vie, voire de société...

Voilà ce que nous découvrons dans la rencontre de Jésus, le doux et humble de cœur ! Voilà ce qui apporte la paix ! Voilà surtout la nouvelle sève que nous devons distiller au monde.

Abbé Joseph LABA

 

 

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HOMELIE DE L’ASSOMPTION 2018

 

Frères et sœurs,

En cette solennité de l'Assomption, que diriez-vous d'un acrostiche à Marie, en lieu et place d'une homélie conventionnelle ? Un poème où, en nous servant de chacune des lettres M-A-R-I-E qui composent son nom, nous essaierons de mieux la connaître, et l'aimer...

M comme MAMAN. Tous ceux qui ont reçu l'Esprit de Dieu sont les enfants de Dieu, nous instruit Saint Paul. Ils peuvent donc appeler Dieu par le vocable affectif Abba, "Papa". De même, ceux-là peuvent appeler Marie "Maman" ! Parce que tous, dans cette "vallée de larmes" qu'est la terre, gémissant et pleurant, nous ressentons au plus intime de nous, ce besoin de tendresse et d'amour ! Marie est le nouvelle Eve, la nouvelle Mère des vivants que Dieu a donnée à son peuple parce que depuis le commencement, il sait qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul. "Marie n'accepte pas que nous restions à terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La mère n'a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n'a pas besoin que nous fassions trop d'efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore : Je vous salue Marie" nous dit le Pape François.

A comme AIMER, passionnément. Parce que Marie était amoureuse de ce Dieu dont elle dit être la servante et de son peuple dont elle a senti l'heure décisive approcher. On ne comprend cela qu'en se posant cette question toute simple : Comment  Marie  a-t-elle  deviné  que  c'était  l'ange  qui  lui  parlait  de  la  part  de Dieu? Comment a-t-elle deviné, perçu que ce projet fou qui lui était annoncé était le plan de Dieu ? Par le cœur ! Parce qu'on ne voit bien qu'avec le cœur, et que ce dernier a ses raisons que la raison ignore. Repensons à toutes ces choses que nous avons été capables de dire et de faire par amour, et nous réaliserons qu'il n'y avait que l'amour du cœur de Marie, un cœur aimant d'épouse et déjà de mère, pour la conduire à prendre autant de risques.

R comme RISQUE justement, parce qu'elle prenait par son Fiat un risque inouï : celui de tout gagner si elle était authentique, cette voix qui prétendait être celle de l'ange...ou de tout perdre ; un quitte ou double. Perdre son honneur, parce que plus jamais on ne l'aurait prise au sérieux de toute sa vie, elle aurait vécu la dérision jusqu'à la fin ! Perdre un mariage et une vie de famille qui lui tendaient les bras ! Et surtout la vie, parce la lapidation était le châtiment prévu en Israël pour la femme adultère ; et son incapacité à révéler l'auteur humain de sa grossesse aurait été ainsi interprétée...Mais Marie a choisi le pari fou, le risque. Et le péril de son combat a rendu sa victoire plus glorieuse ! Aujourd'hui plus que jamais, elle nous entraîne sur ses pas puisque la première, elle s'est mise sur le chemin des imprévus et de l'aventure surprenante avec Dieu.

I comme IMAGE, voilà ce qu'indique également la figure de Marie. Non pas une image statique, mais un reflet dynamique. En contemplant Marie, nous regardons, comme dans un miroir, ce que nous sommes appelés à devenir ; notre humanité transfigurée, illuminée parce que recelant la plénitude de Dieu. Marie est la fille de notre peuple. Elle connaît nos joies et nos peines, nos hésitations, nos questionnements qu'elle partage. Avec le poète Hugo, elle semble nous dire : "Ah, quand  je vous parle  de moi,  je vous parle  de vous.  Comment  ne le sentez-vous  pas ? " Ainsi, les paroles de Marie dans le Magnificat -c'est l'Evangile de cette célébration- sont nos paroles à tous : Dieu s'est penché sur ses humbles serviteurs que nous sommes ! Oui, le Puissant a fait pour nous des merveilles ! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent !  Il se souvient de la promesse faite à nos pères, promesse de gloire éternelle dont l'écho joyeux, porté par Isaïe nous est parvenu : "J'ai du prix aux yeux de Dieu. Il m'a dit : c'est trop peu que tu sois pour moi un serviteur. Je veux faire de toi la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu'aux extrémités de la terre".

E comme EGLISE ! C'est d'ailleurs cela que nous suggère la dernière lettre du nom de Marie. Parce que nous parlons du salut et de la lumière de Dieu manifestés à toute la terre, et c'est bien là le trait de notre Eglise, que Dieu a voulue catholique, c'est-à-dire universelle. Autant pour chacun d'entre nous que pour nous tous constitués en communauté de foi, Marie représente un reflet purifié et lumineux. C'est ainsi qu'elle symbolise l'unité et la sainteté de l'Eglise, dont la lumière est celle décrite par Jean dans l'Apocalypse : cette femme, vêtue d'un manteau de lumière, aussi éclatante que le soleil selon les mots de la première lecture de cette solennité. Aussi, l'Église du Seigneur suit-elle le sentier balisé par sa Mère : cheminant sur la terre, elle se purifie en vue d'entrer, glorieuse, dans le Royaume de Dieu. Puissions-nous donc, pour finir, adresser à Marie cette prière, inspirée du Psaume responsorial :

Écoute Marie, Maman Marie, regarde et tends l'oreille,

Souviens-toi de ton peuple, ta maison, l'Église,

À l'heure où tu parais devant le roi, que tu as séduit par ta pureté.

Nous tes enfants, compagnons et compagnes te faisons cortège,

Nous te célébrons par les chants de fête, toi notre Reine.

Marie, Maman Marie,

Fais-nous entrer avec toi au palais du Grand Roi, dans le ciel !  Amen.

                                                                                                  Abbé Joseph LABA

 

 

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Homélie du 19 août 2018 : 20ème Dimanche Ordinaire

 

Frères et sœurs,

Voici déjà trois dimanches de suite que les textes liturgiques nous parlent de nourriture. Aujourd'hui donc, nous nous axerons sur une problématique actuelle : celle de ce que nous mangeons, et plus généralement, de ce que nous consommons. Il s'agit de réfléchir sur notre société de consommation, voire d'hyperconsommation, et de projeter sur elle l'éclairage de la Parole de Dieu.

Une anecdote pour nous y introduire.

Un fermier reçut un soir la visite inopinée d'un voyageur qui sollicitait l'hospitalité. Il l'accueillit et lui offrit de quoi manger. Devant l'appétit remarquable du voyageur, le fermier sortit effectuer des courses supplémentaires, qu'il servit dès son retour. Le deuxième repas fut achevé avec la même rapidité. Le fermier dut présenter à son visiteur un troisième, puis un quatrième plat, qu'il finit tout aussi vite. Après avoir mangé comme quatre, il demanda une chambre pour la nuit. Le fermier accéda à toutes ses requêtes. Le lendemain matin, de très bonne heure, il alla trouver le fermier et demanda à reprendre la route. Son hôte lui répondit : mon ami, pourquoi ne prenez-vous pas le temps de vous reposer convenablement avant de repartir ? Vous ne me dérangez pas, et la nourriture n'est pas un souci. Le voyageur garda un moment le silence, puis répondit : j'aurais bien voulu mon ami, mais je suis malade et j'ai rendez-vous avec mon médecin. Le fermier reprit : excusez mon indiscrétion, mais de quoi souffrez-vous ?  Et le voyageur de répondre, sans hésitation   aucune : Je manque d'appétit. Et bien mon cher, lui dit le fermier, je vous souhaite bon rétablissement, mais une fois guéri, je vous dispense de repasser me saluer !

Derrière ses abords ironiques, cette anecdote nous pose des questions importantes, qu'il convient de relever : quand nous mangeons encore et encore, ou plutôt lorsque nous consommons sans cesse, est-ce vraiment par appétit ? Notre surconsommation n'est-elle pas souvent le révélateur qu'il nous manque autre chose que ce dont nous nous servons pour remplir ce vide ? Un médecin ne nous donne-t-il pas rendez-vous au loin pour nous redonner le véritable appétit, le goût de la vie ? Certes nous ne pouvons pas vivre sans consommer, mais la frénésie de notre consommation actuelle, en particulier celle du superflu ne reflète-t-elle pas l'étendue d'une soif si intense que seul l'infini pourrait combler ?

Jésus pèse bien ses mots lorsqu'il déclare dans l'évangile de ce dimanche être la vraie nourriture et la vraie boisson...Il y en a tellement de fausses ! Voici ce que le Seigneur faisait dire en son temps au prophète Isaïe : « Vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n'a pas d'argent, venez ! Demandez du grain, et mangez ; venez et buvez ! — sans argent, sans paiement — du vin et du lait. A quoi bon dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ; que vous trouviez votre jouissance dans des mets savoureux »

Faisons donc bien attention à ce dont nous nous nourrissons, à ce que nous consommons, tant pour notre corps que pour notre esprit. S'il est certain que certaines consommations nous laissent sur notre soif, d'autres sont plus dangereuses : elles nous pervertissent, nous avilissent. Les diététiciens ont raison quand ils affirment que nous devenons ce que nous consommons. C'est ainsi que consommer n'importe quoi peut faire de nous des étourdis, des fous. C'est d'ailleurs avec ces qualificatifs sévères que la première lecture parle des invités au repas de la sagesse : "Vous étourdis, passez par ici ! Venez manger de mon pain, buvez le vin que j'ai préparé. Quittez l'étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l'intelligence." Le contraste est saisissant, entre la stabilité de la sagesse, qui a taillé sept colonnes -sept est le chiffre de la perfection dans l'imaginaire juif- et les étourdis, qui semblent se laisser balloter par le tourbillon du moment, l'air du temps comme on dirait aujourd'hui.

La même idée est reprise par Paul, dans la deuxième lecture : "Prenez bien garde à votre conduite, ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages...Nous traversons des jours mauvais...ne soyez donc pas insensés...ne vous enivrez pas de vin car il porte à l'inconduite, soyez plutôt remplis d'Esprit Saint"

De quoi nous nous enivrons-nous ? Et à quoi cela nous porte-il ?

En attendant d'y répondre, chacun pour soi, avec sincérité et humilité, le Christ nous invite aujourd'hui à manger la nourriture divine pour vivre de la vie de Dieu.

Ceci dit, le chant d'entrée de cette célébration nous met devant la nécessité d'opérer dès aujourd'hui des choix importants pour le futur. Parce que nous sommes tournés vers l'avenir, et que la responsabilité nous incombe de faire de prendre  des  décisions  importantes.  Quelle  société  lèguerons-nous  à  nos    enfants ? Une société désaxée, déglinguée, étourdie, consommant sans jamais se rassasier ? Saurons-nous nous approcher de celui qui seul donne le goût de tout autre chose ? Puisse Jésus dissiper l'obscurité de nos cœurs et nous donner de nous restaurer à la seule nourriture qui rassasie et donne la vie pour l'éternité.

Prolongement de la réflexion

« Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide et qu’il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même.

Lui seul est son véritable bien. Et depuis qu’il l’a quitté c’est une chose étrange qu’il n’y a rien dans la nature qui n’ait été capable de lui en tenir la place, astres, ciel, terre, éléments, plantes, choux, poireaux, animaux, insectes, veaux, serpents, fièvre, peste, guerre, famine, vices, adultère, inceste. Et depuis qu’il a perdu le vrai bien tout également peut lui paraître tel jusqu’à sa destruction propre, quoique si contraire à Dieu, à la raison et à la nature, tout ensemble.

Les uns le cherchent dans l’autorité, les autres dans les curiosités et dans les sciences, les autres dans les voluptés…”  Blaise Pascal, Pensées.

Abbé Joseph LABA

 

 

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Homélie du 26 Août 2018 : 21ème Dimanche Ordinaire B

 

Frères et sœurs,

Dimanche dernier, le XXème du Temps Ordinaire B, nous avons eu l'occasion de réfléchir, à la faveur des textes liturgiques, sur notre société de consommation voire de surconsommation et surtout sur ses produits qui rarement étanchent notre soif. Parce qu'au plus intime, nous ressentons le besoin d'une autre nourriture, qui elle ne s'achète pas et que Jésus nous invite à découvrir gratuitement. Comme un pendant à cette réflexion sur la nourriture, ou plus généralement sur les biens de consommation, la liturgie de ce XXIème dimanche nous fait réfléchir sur des Paroles, de sorte que ces deux dimanches combinés nous offrent une réflexion abondante sur les deux tables de nos assemblées eucharistiques : celle du Pain partagé, dimanche dernier, et celle de Parole, aujourd'hui.

La question est donc celle-ci : comme chrétiens, quelle Parole écoutons-nous et proclamons-nous ? Ayons le courage de le dire d'entrée de jeu : est-ce une parole comme le monde en voudrait, qui caresse dans le sens du poil ? Une parole qui annonce un monde sans souffrance, sans douleur, semblable à un conte de fée matérialisé ? Est-ce la parole des médiums et des diseurs de bonne aventure, qui promettent une humanité lisse, épurée de ses aspérités ? Ou une parole réaliste, qui ne se cache pas les yeux devant la situation actuelle et professe que c'est au cœur du monde, tel qu'il est, que s'insère la Présence du Ressuscité ? Quelle Parole, mieux, quelle histoire écoutons-nous ?

Une anecdote pour introduire notre réflexion. Un clown, à peine sorti des vestiaires où il s'est déguisé et maquillé pour son spectacle, se rend compte que son cirque est en feu. Il sort en toute hâte chercher du secours, mais se rend à l'évidence : c'est tout le village qui brûle. Il se précipite au village voisin, arrête les passants et les supplie de venir au village du cirque pour aider à éteindre l'incendie.  Les gens le regardent, l'air amusé, contemplent son maquillage et ses vêtements de circonstance, s'imaginent qu'il s'agit là d'un stratagème pour les inviter au spectacle et repartent leur chemin. Quelques-uns lui lancent : quelle histoire nous racontes-tu là ! Et pourtant c'était la vérité, le cirque brûlait ! Cette anecdote nous rappelle la mésaventure de Paul parti évangéliser la Grèce, et proclamant aux Athéniens réunis que le dieu inconnu, dont il a trouvé les traces de culte dans leur ville, est celui qu'il est venu annoncer. Jusque-là, tout allait bien. Mais lorsque Paul avança dans sa présentation, affirmant le noyau fondamental de la foi chrétienne, à savoir la mort et la résurrection de Jésus, on lui fit gentiment ce reproche : quelle histoire nous racontes-tu là ? Sur ce, nous t'écouterons plus tard.

Une histoire qui dérange, qui ne respecte pas les codes, qui ne commence ni ne finit comme on les aime, telle est l'histoire de Jésus. Une histoire qui délimite le cercle de ses véritables disciples. Dans l'évangile de ce jour, ce ne sont pas ses adversaires traditionnels, les pharisiens et les docteurs de la loi qui le boudent, mais une partie de ses propres disciples : que nous raconte-t-il là, semblent-ils dire. Cette parole est trop rude. Dès lors, la prise de parole de Pierre situe tout l'enjeu de ce dimanche : celui du choix. À qui irions nous dit-il ! Tu as les paroles (on peut lire "Tu as l'histoire") de la vie éternelle !

Oui, il existe bien des messies aujourd'hui, bien des prophètes qui nous proposent des histoires de ce monde. Quitterons-nous Jésus pour les suivre ? Il y a également ceux qui semblent nous dire que l'histoire que nous racontons, notre histoire de chrétiens, est celle de clowns dépassés, une histoire dont les porteurs ont l'air déguisés pour une circonstance, une histoire difficile à "gober". C'est pourtant pour cette histoire que de nombreux chrétiens, de tous les siècles, sont morts martyrs, signant de leur sang leur témoignage. C'est pour cette histoire que des aventuriers de Dieu ont tout quitté, bravant à tous points de vue l'inconnu, pour s'embarquer dans des missions périlleuses. C'est également pour cette histoire qu'au nom de la solidarité ecclésiale, le flot des missionnaires a changé de direction, les évangélisés d'hier revenant joyeux apporter leur aide aux anciens évangélisateurs...

L'invitation de Josué dans la première lecture de cette célébration, celle à dire clairement quel message l'on veut suivre, est donc déterminante. C'est aujourd'hui qu'il nous faut faire un choix de vie, un choix d'histoire, et donc un choix de communauté. De quel côté sommes-nous, et qui choisissons-nous de suivre ? Ne nous y méprenons pas, il s'agit là d'un choix qui nous engagera durablement. Dans notre civilisation du zapping, où l'on choisit puis rejette selon nos humeurs, où tout a l'air si précaire y compris les sentiments les plus profonds et les valeurs les plus pures, il s'agit de redécouvrir le sens de la fidélité. Saint Paul a raison d'y attirer notre attention dans son épître.  Notre choix est une alliance, une histoire de noces pour le meilleur et pour le plus dur !

Dans le fond, c'est cela redécouvrir les sources du bonheur. Le bonheur n'est pas, comme on le croit souvent, le sentiment d'être épargné par la souffrance, par la rudesse de la vie. Ce serait simple jouissance alors, plaisir des sens ! Le bonheur est la paix intérieure qui procède de la certitude que Christ est présent dans ce que nous traversons, et qu'en le choisissant nous avons fait le bon choix. L'histoire du bonheur, de la joie éternelle, engage donc des choix. C'est rarement une histoire facile...C'est l'histoire d'un Dieu qui a tant aimé le monde qu'il a sacrifié son Fils unique pour le sauver. Alors que décidons-nous ? Est-ce trop rude cette parole ? Allons-nous partir nous aussi ? Ou au contraire, professerons-nous avec Pierre que ce sont là les paroles de la vie éternelle ?

                                                                   Abbé Joseph LABA

 

 

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Homélie du 2 Septembre 2018 : 22ème Dimanche Ordinaire B

 

Frères et sœurs,

Nous voici arrivés à un tournant. Après quelques semaines de vacances, nous nous apprêtons à entamer une nouvelle année, et partant, une nouvelle aventure. Ces vacances ont été studieuses : nous les avons passées avec Jésus, qui nous a invités à venir reprendre des forces auprès de lui. Il nous a nourris de sa Parole et de son Pain de Vie. Avant donc d'entrer de plain-pied dans cette rentrée, c'est peut-être le moment de nous poser quelques questions importantes : qu'avons-nous retenu de ces vacances en compagnie du Maître Jésus ? Qu'est-ce qui changera désormais dans nos vies ? Quels défis nous faudra-t-il désormais relever ? Bien entendu, ce n'est pas le moment de sortir nos manuels ni nos catéchismes !  Les réponses spontanées sont celles souhaitées...

Ces questions ne sont pas étrangères à la liturgie de ce XXIIème dimanche du temps Ordinaire B. Elles en constituent d'ailleurs, et ceci providentiellement, le noyau essentiel. Comment devons-nous nous conduire pour prétendre à l'amitié de Dieu, pour "séjourner sous sa tente" selon le mot du Psaume responsorial. Quelle loi pour nous guider ? La première lecture semble indiquer une voie, une piste de réponse. Elle annonce un commandement de la part du Seigneur, que nous devons respecter..."Écoutez les décrets et les ordonnances que je vous annonce de la part du Seigneur...Vous n'y ajouterez rien, vous n'y enlèverez rien...Ils seront votre sagesse aux yeux des peuples..." Pourtant, au fur et à mesure que l'on poursuit la lecture, on se rend compte que le commandement n'est jamais donné de manière explicite, du moins avec des mots...À moins que justement, ce ne soit pas un commandement qui s'énonce avec des mots ! La deuxième lecture confirme cette idée, alors que Jacques nous y demande "d'accueillir la parole semée en nous". On repense brusquement à l'antique promesse du Seigneur : "Je mettrai ma loi au fond de leur cœur".

C'est à partir de ce mot "cœur" que tout s'illumine dans la liturgie d'aujourd'hui. Combien de fois ne revient-il pas ! Trois fois nous l'avons prononcé dans le chant d'entrée : Écoute la voix du Seigneur, prête l'oreille de ton cœur ! Puis dans le psaume, pour désigner la conduite qui plaît à Dieu, celle de la personne qui "dit la vérité selon son cœur". Dans l'évangile, Jésus n'a pas hésité à fustiger l'hypocrisie de ceux qui sont attachés à des pratiques, qui honorent Dieu avec des paroles, mais dont le cœur est loin de lui. Puis, il affirme en aparté à ses disciples, comme pour bien leur faire retenir l'essentiel : "c'est du dedans, du cœur de l'homme que sortent les pensées perverses...Tout ce mal vient du dedans."

Une parole qui fait écho à celle du prophète Jérémie : "le cœur de l'homme est compliqué et malade", puis à cette réponse du Seigneur "J'ôterai leur cœur de pierre, et je mettrai à la place un cœur de chair". Puisque le cœur est la clé de compréhension de cette célébration et le lieu caché où s'écoute la parole de Dieu, il nous est aujourd'hui proposée une anecdote qui parle du cœur.

C'est l'histoire d'un pieux juif qui vivait de cueillette.  Chaque jour, il se rendait en pleine forêt, remplissait son chariot, puis retournait vendre au marché voisin le produit de sa récolte. Un beau jour, la cueillette fut si abondante qu'une des roues du chariot se défit. Et voici le pieux juif obligé de passer la nuit en pleine forêt. Cependant, il était moins ennuyé de devoir passer la nuit à la belle étoile que de n'avoir pas pris avec lui son livret de prière, pour s'acquitter de la prière rituelle du soir. Il réfléchit un moment, regarda vers le ciel, et formula cette prière : Dieu qui sait toutes choses, toi qui connais toutes les prières qui se trouvent dans mon livret, voici ce que nous allons faire toi et moi. Je vais réciter dix fois, lentement, toutes les lettres de l'alphabet, et toi tu combineras ces lettres pour en faire des mots, puis des mots tu feras des prières. Ainsi tu reconstitueras toi-même les prières que tu veux écouter. À la fin, du haut du ciel, une voix se fit entendre, qui disait : "Enfin une prière du vient du cœur !"

Du cœur, voilà ce que le Seigneur nous demande d'avoir.  Du cœur pour aimer. Lui et nos frères. Dès lors, toutes nos actions se trouvent transfigurées. Sur ce point, Saint Augustin nous instruit longuement :

"L'amour change tout !

Le devoir sans amour nous rend acharné,

La responsabilité sans amour nous rend impitoyable,

La justice sans amour nous rend dur,

La vérité sans amour nous rend critique,

L'intelligence sans amour nous rend rusé,

La gentillesse sans amour nous rend hypocrite,

L'ordre sans amour rend l'esprit étroit,

L'honneur sans amour nous rend orgueilleux,

La possession sans amour nous rend avare,

La foi sans amour nous rend fanatique,

La vie sans amour est sans valeur.

Aime et fais ce que tu veux.

Si tu te tais, tais-toi par amour.

Si tu parles, parle par amour.

Si tu corriges, corrige par amour.

Si tu pardonnes, pardonne par amour.

Aie au fond du cœur la racine de l'amour :

De cette racine, rien ne peut sortir de mauvais".

En bref, un cœur renouvelé, capable d'aimer, et d'être sensible aux autres, voilà le défi que le Seigneur nous lance. Il ne veut pas d'une pratique religieuse qui se contente de répéter des formules et d'être fidèle à des traditions, il ne veut pas que nous nous contentions de nos livrets, si bénéfiques soient-ils. Il nous veut libres ! Libres de répondre à sa voix qui résonne aux tréfonds de notre cœur, et capables de nous émouvoir du sort d'autrui, personnifié dans la deuxième lecture dans les figures respectives des "orphelins et des veuves en détresse". Ce n'est certainement pas un hasard si, dans nombre de langues anciennes, les mots piété et pitié ont souvent la même racine, et parfois même correspondent à une seule et même parole. La vraie piété, le culte qui plaît à Dieu est celui qui vient du cœur et qui, non seulement est sensible à la souffrance du monde et fait tout pour la réduite plutôt que de contribuer à l'aggraver.

Un résumé, avec des mots simples, de tout ce qui précède, c'est à dire de la meilleure façon de pratiquer la religion? Relisons ensemble le psaume du jour :

Se conduire parfaitement,

Agir avec justice

Dire la vérité selon cœur et mettre un frein à sa langue ! Car l'abondance de paroles ne va pas sans péchés, disaient les anciens,

Ne faire de tort à personne,

Ne pas outrager le prochain,

Ne pas reprendre la parole donnée,

Ne rien accepter qui nuise à quelqu'un, à plus forte raison à l'innocent,

Voilà le défi de cette rentrée. Tout a été dit, tout reste à vivre ! Bonne reprise à tous !

                                                                                     Abbé Joseph LABA

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PELERINAGE

SAINTE RITA

DE VENDEVILLE

adresse: 38 rue de Seclin

59175 Vendeville

tél: 03 20 96 06 22

email: pelerinagesainterita

vendeville@orange.fr

 

LE MAGASIN

DU PELERINAGE

 

est ouvert du lundi au samedi

de 9h à 12h30 et

de 14h à 18h,

à partir du 2 Mai 2016,

tous les dimanches

de 9h à 12h30 et

de 14h à 17h30

tél: 03 20 97 91 52

email:

magasin.steritavendeville

@orange.fr

LE SANCTUAIRE

 

 est ouvert tous les jours

sans interruption

de 8h30 à 18h,

et le vendredi jusqu’à 20h

l’EUCHARISTIE

Toutes les messes

sont célébrées dans l’église

 

la semaine:

lundi, mardi, mercredi,

jeudi, vendredi, samedi à 11h

et en plus vendredi à 19h

 

le dimanche:

samedi (messe anticipée) à 18h

dimanche à 9h30 et à 11h

 

 

 

L'ADORATION

DU

SAINT SACREMENT

(dans l'église)

 

Tous les jours de 17h à 18h

 

 

 

LES CONFESSIONS

(dans l'église)

 

Tous les jours de 17h à 18h

 

 

 

Tous les vendredis 

de 14h30 à 18h40

(dans l'église)

 

ADORATION

DU SAINT SACREMENT

à 15h

CHAPELET

DE LA MISERICORDE

 

 

 

CHAPELET AVEC

LE GROUPE PADRE PIO

(dans l’église)

 

Le 3ème vendredi du mois

à 18h suivi de la messe à 19h

 

 

 

LE CHAPELET MEDITE

(dans l'église)

 

Tous les dimanches à 16h00

 

 

 

LE ROSAIRE

(dans l'église)

 

Le premier lundi du mois

après la messe de 11h,

Si ce lundi est férié, la récitation du rosaire est reportée au deuxième lundi.

 

 

LA PRIERE DES MERES

(dans la salle paroissiale)

 

Tous les mardis à 9h30

(sauf vacances scolaires) 

LA BENEDICTION

DES OBJETS DE PIETE

(dans l'église)

est possible à

la fin de chaque messe.

 

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